LA RÉSURRECTION D'HASSAN

(Resurrecting Hassan)

un film de Carlo Guillermo Proto


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SYNOPSIS

Dans le métro montréalais, trois aveugles entonnent de douces mélodies. Denis, Peggy et leur fille Lauviah, sont hantés par la mort tragique du second enfant de la famille et cherchent douloureusement la lumière : dans leur musique aux accents célestes, dans leur soutien mutuel qui cède parfois à la violence ou encore dans l’enseignement mystique de Grabovoy, un guérisseur russe professant la régénération des organes et la résurrection des morts. Les rêves l’ont annoncé : Hassan, le fils si pur, l’ange parti trop tôt, reviendra bientôt à leurs côtés, et ils connaîtront enfin le bonheur. D’une poésie ardente et crue, LA RÉSURRECTION D’HASSAN raconte le chemin de croix d’êtres incandescents tentant d’accéder à la grâce par-delà les souffrances du destin.

With passion, the three members of the Harting family make a living singing a cappella ballads in the Montreal metro. All three are blind and haunted by the tragic drowning death of the only seeing member of their family, Hassan. Enter Russian mystic and cult-like leader Grigori Petrovich Grabovoi, who promises to help his followers regenerate and resurrect the dead. For the Hartings, Hassan’s resurrection is their only hope for completing their family once more. With intimate access and unflinching observations, the film chronicles the Hartings’ attempts at dealing with their collective grief. What emerges is a highly unusual family portrait of three complex yet lovable characters.

UNE PRODUCTION THE HANDSHAKE PRODUCTIONSRESSURECTING HASSAN SCÉNARIO CARLO GUILLERMO PROTO IMAGE CARLO GUILLERMO PROTO MONTAGE IMAGE CARLO GUILLERMO PROTO et LORENZO SALAZAR CONCEPTION SONORE CARLO GUILLERMO PROTO, CORY RIZOS et PABLO VILLEGAS MUSIQUE OLIVIER ALARY PRODUCTION ET RÉALISATION CARLO GUILLERMO PROTO DISTRIBUTION LES FILMS DU 3 MARS

                                                                                                               Production - Canada/Chile                                                                                                                  100 minutes



(English will follow)

MOT DU RÉALISATEUR

 « La cécité est généralement considérée comme une déficience, un handicap. Parallèlement, le fait de vivre avec un handicap peut offrir de nouvelles façons de voir le monde, une forme de libération en soi ».  Carlo Guillermo Proto

En 2007, j’ai eu la chance de travailler avec Peggy, Denis et Lauviah, avec l’espoir de créer ensemble un film au sujet de la cécité qui remettrait en question la dépendance du cinéma à l’image. J’ai voulu transcender la notion de l’image en remettant une caméra Super-8 à un groupe de non-voyants. C’est à cette époque que j’ai réalisé le court métrage documentaire expérimental Peggy, Denis and Lauviah, d’une durée de 15 minutes, qui alliait images tournées en Super-8 et images numériques. Toutefois, la charge de travail associée à la réalisation de mon long métrage documentaire El Huaso a coupé court à la possibilité d’un long métrage portant sur le sujet. Lors d’un repas qui s’est tenu peu après la fin de la production du film El Huaso, les membres de la famille Harting-Roux m’ont raconté à nouveau l’histoire de la disparition d’Hassan. L’intensité de leurs souvenirs était  palpable, comme si leur fils ou leur frère ne les avait jamais quittés. Au-delà de la tragédie de la mort d’Hassan et des enjeux liés à la vie dans un monde de voyants, j’ai été frappé par leur résilience. Quand ils m’ont demandé de réaliser un documentaire sur l’histoire d’Hassan et sur leur détermination à le ramener parmi eux, il m’a donc été impossible de refuser. Comme je venais à peine de boucler la réalisation du film relatant l’histoire de mon père, je savais que j’avais acquis les ressources nécessaires pour raconter celle de cette famille avec une juste dose de sensibilité et de compassion. Après cette rencontre, j’étais convaincu de ne pas avoir choisi de faire ce film, mais que j’avais plutôt eu le privilège qu’il m’ait lui-même choisi.

La cécité est généralement considérée comme une déficience, un handicap. Parallèlement, le fait de vivre avec un handicap peut offrir de nouvelles façons de voir le monde, une forme de libération en soi. Cette notion de cécité comme handicap est une étiquette véhiculée par les voyants, mais jamais par les non-voyants. La famille Harting-Roux incarne l’esprit de combativité qui transforme une déficience en style de vie dynamique. Je veux changer la perception des gens et présenter Peggy, Denis et Lauviah non pas comme une famille de non-voyants handicapés, mais comme une famille indépendante dont les membres ont la particularité d’être non-voyants. On ne le mentionne jamais, bien que cela soit souvent suggéré, mais les membres de cette famille ont leur propre interprétation de la foi et de la religion. Ce système de croyances, faisant l’éloge des vertus de l’entêtement et de la ténacité, est leur principal outil de survie dans un monde de voyants. Dans leur esprit, la résurrection d’Hassan ne se fera pas par leur intervention. Elle se produira d’elle-même.

La résurrection d’Hassan n’est pas un plaidoyer ni une enquête sur le phénomène entourant les enseignements de Grigory Petrovich Grabovoy sur la guérison par la thérapie génique, ni un film sur la résurrection. Le film dresse plutôt le portrait d’une famille éprouvée par la mort d’un des leurs. Tandis que ses membres pleurent encore la perte d’Hassan, ce sont leur résilience, leur déni de la mort et leur deuil qui sont la pierre angulaire sur laquelle repose le film. D’un regard extérieur, il est facile de constater que la famille est confrontée à des problèmes non résolus en lien avec la mort, mais aussi par rapport à eux-mêmes. Denis, le père, est l’exemple flagrant d’un être confronté sur une base quotidienne à ses propres problèmes, qui entraînent entre autres des accès de violence envers Peggy et les enfants. La mort d’Hassan déclenche chez Denis un sentiment d’abandon, provoquant le déni de sa disparition. En explorant le passé de la famille, on s’aperçoit que leurs malheurs sont liés à une société en laquelle ils avaient confiance et qui se devait, d’une certaine façon, de les protéger. Parmi une longue liste d’infortunes, on compte le fait que Denis soit né voyant, mais qu’il ait perdu l’usage de la vue en demeurant trop longtemps dans l’incubateur de l’hôpital où sa mère lui donna naissance. Tout aussi dramatiques, les sévices sexuels que Lauviah a subis aux mains de son gardien et la mort d’Hassan servent de rebondissements à cette courtepointe familiale tissée par des enjeux associés à l’abandon et à la perte de confiance envers la définition de la normalité au sein de la société. Le film met en lumière leur détermination à prendre les choses en main. Leur désespoir devient justifié et force l’empathie du spectateur à leur égard.

À maintes occasions, on entend la famille se poser la question suivante : « Comment voulez-vous que nous nous remettions de la disparition d’un proche qui ne nous a pas réellement quittés? ». L’esprit du film est empreint du courage d’une famille et de sa façon de composer avec une telle perte. La tentative de résurrection du fils est destinée à exprimer l’adversité humaine, ainsi que la façon dont nous composons tous avec la douleur et la perte. Je suis conscient que certains spectateurs se sentiront moins interpellés par l’histoire de Peggy, Denis et Lauviah, car leurs croyances diffèrent grandement de celles de la moyenne des gens. On les percevra possiblement comme des marginaux ou des êtres absurdes. Toutefois, en tant qu’humains, nous partageons tous l’expérience de perdre quelque chose de significatif dans notre vie.

 

BIOGRAPHIE

Élevé à Quillota au Chili et à Mississauga en Ontario, Carlo Guillermo Proto est un cinéaste québécois d’origine chilienne dont le travail se concentre sur l'interaction unique entre l'identité et l'expérience humaine en relation avec les questions de la géographie, l'appartenance ethnique et la perception des handicaps. Son premier long métrage, EL HUASO, a été présenté en Première mondiale à Hot Docs en 2012, puis dans plus de 25 festivals internationaux. Il a conquis le Festival de cinéma de la ville de Québec (FCVQ) en remportant deux prix importants, soit le Prix du public du film canadien/québécois et le Prix du Meilleur premier film. EL HUASO a été diffusé sur les ondes de CBC et de la Télévision Franco-Ontarienne (TFO).

 

FILMOGRAPHIE

2012 – EL HUASO | 2012 | 76 minutes | documentaire

  Prix du public du film canadien/québécois et Prix du Meilleur premier film  - Festival de Cinéma de la ville de Québec 2012

2016 – LA RÉSURRECTION D’HASSAN | 2016 | 100 minutes | documentaire

  Grand Prix de la compétition nationale longs métrages et Prix des étudiants - Rencontres Internationales du documentaire de Montréal 2016

  Prix spécial du jury - Hot Docs de Toronto 2017


A WORD FROM THE DIRECTOR

In 2007 when I first decided to work with Peggy, Denis and Lauviah, I wanted to collaboratively create a film about blindness that challenged cinema’s dependency on the image. I wanted to break the barrier of image by giving a Super 8 camera to a group of people who didn’t have sight. It was during this period that I made the fifteen-minute hybrid Super 8/Digital Video experimental documentary Peggy, Denis and Lauviah. Work on my feature documentary El Huaso interrupted the possibility of a feature with the Harting-Roux family. Over dinner, shortly after I completed El Huaso, the family retold me the story of their son Hassan. I sensed how strongly they felt, as if they never lost him. Despite the tragedy of Hassan’s death, and the challenges of living in a sighted person’s world, the family’s resilience struck me. When they asked me to make a documentary about Hassan’s story and their determination to bring him back, I could not refuse. Having just completed filming the story of my father, I knew I had gained the tools to tell this family’s story with the necessary sensitivity and compassion it deserved. Shortly after this meeting I was certain it was never a choice to make this film, but rather a privilege that chose me.

Blindness is commonly understood as a disability, a handicap. On the other hand, living with a disability can also offer new ways of looking at the world, which can even be perceived as liberating. This notion of blindness being a disability has always been a label put on by those who have sight and not by those who don’t. The Harting/Roux family encapsulates the fighting spirit that turns a perceived disability into a vibrant way of life. I would like to counter people’s perception and present Peggy, Denis and Lauviah not as blind family with handicap but as a vital self-sustainable family who happens to be blind. And although never spoken but often suggested, the family practices their own brand of faith and religion. This belief system, which praises stubbornness and tenacity as a virtue, is a tool they use to survive within a sighted person’s world. In their minds, the idea of resurrecting Hassan is not something they are going to attempt but an act that is going to ultimately occur. 

Resurrecting Hassan is not an advocacy piece or investigation on the phenomena of Grigory Petrovich Grabovoy teachings of genome healing, nor is it a film about the possibility that resurrection can occur. The film’s main objective is to capture the journey of a family still dealing with the death of their brother and son. The core of the film’s strength lies in demonstrating the family’s resilience but also their grief and denial in death, still mourning the loss of Hassan. To an outsider looking in, it is clear that the family has unresolved issues with not just death but also themselves. Denis, the father, is a clear example of someone who often confronts his abandonment issues on daily basis, which has resulted in the domestic physical abuse of Peggy and his children. The death of Hassan triggers in Denis this nerve of abandonment, resulting in the denial of his departure. Learning about their past one realizes that their misfortunes come from a society that they trusted and in some ways was suppose to protect them. From a long list, some of these examples include Denis being born with sight but blinded by being kept too long inside his incubator in the hands of the hospital that his mother gave birth. With an equally dramatic effect, Lauviah being sexually abused in the hands of her babysitter and the death of Hassan all serve as the film’s subplots to this familial thread of issues related to abandonment and the ultimate lack of trust in what society perceives as normal. This sheds light on their determination to take things into their own hands. Their desperation becomes justified, making the viewer more sympathic to their cause. 

In many occasions the family can be heard with absolute certainty “How can we get over someone who hasn’t even left us?” The core of the film's spirit is about a family’s courage and demonstrating how someone deals with such a devastating loss. Attempting the resurrection of their son is a vehicle that is used to illustrate human adversity but also to express how we deal with pain and loss. I am aware that there is a possibility where the audience may find a disconnection with Peggy, Denis and Lauviah because their practice is so drastically different from an average person’s life. Some audience members might even perceive them as freaks or absurd. But as humans, most of us know what it is like to experience the loss of something important and meaningful in our lives.

 

BIOGRAPHY

Raised in Quillota, Chile and Mississauga, Ontario, Carlo Guillermo Proto is a Quebec/Chilean filmmaker whose work focuses on the unique interplay between identity and human experience in relationship to issues of geography, ethnicity and perceived disabilities. Carlo's first feature length documentary, El Huaso, has screened in over 25 international film festival after its 2012 premiere at the Hot Docs International Documentary Festival. El Huaso was also recently broadcast on CBC's Documentary Channel and french Canadian station Tele-Francophone Ontario (TFO).

 

FILMOGRAPHY

2012 – EL HUASO | 2012 | 76 minutes | documentary

  Public's Choice Award and Best First Film  -  Festival de Cinéma de la ville de Québec 2012

2016 – RESURRECTING D’HASSAN | 2016 | 100 minutes | documentary

  Grand Prize National Feature Film Competition and Student Prize - Rencontres Internationales du documentaire de Montréal 2016

  Special Jury Prize - Hot Docs, Toronto 2017