BANDE-ANNONCE

 

 

SYNOPSIS

Dans le métro montréalais, trois aveugles entonnent de douces mélodies. Denis, Peggy et leur fille Lauviah, sont hantés par la mort tragique du second enfant de la famille et cherchent douloureusement la lumière : dans leur musique aux accents célestes, dans leur soutien mutuel qui cède parfois à la violence ou encore dans l’enseignement mystique de Grabovoy, un guérisseur russe professant la régénération des organes et la résurrection des morts. Les rêves l’ont annoncé : Hassan, le fils si pur, l’ange parti trop tôt, reviendra bientôt à leurs côtés, et ils connaîtront enfin le bonheur. D’une poésie ardente et crue, LA RÉSURRECTION D’HASSAN raconte le chemin de croix d’êtres incandescents tentant d’accéder à la grâce par-delà les souffrances du destin.

UNE PRODUCTION THE HANDSHAKE PRODUCTIONSRESSURECTING HASSAN SCÉNARIO CARLO GUILLERMO PROTO IMAGE CARLO GUILLERMO PROTO MONTAGE IMAGE CARLO GUILLERMO PROTO et LORENZO SALAZAR CONCEPTION SONORE CARLO GUILLERMO PROTO, CORY RIZOS et PABLO VILLEGAS MUSIQUE OLIVIER ALARY PRODUCTION ET RÉALISATION CARLO GUILLERMO PROTO DISTRIBUTION LES FILMS DU 3 MARS


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MOT DU RÉALISATEUR

 « La cécité est généralement considérée comme une déficience, un handicap. Parallèlement, le fait de vivre avec un handicap peut offrir de nouvelles façons de voir le monde, une forme de libération en soi ».  Carlo Guillermo Proto

En 2007, j’ai eu la chance de travailler avec Peggy, Denis et Lauviah, avec l’espoir de créer ensemble un film au sujet de la cécité qui remettrait en question la dépendance du cinéma à l’image. J’ai voulu transcender la notion de l’image en remettant une caméra Super-8 à un groupe de non-voyants. C’est à cette époque que j’ai réalisé le court métrage documentaire expérimental Peggy, Denis and Lauviah, d’une durée de 15 minutes, qui alliait images tournées en Super-8 et images numériques. Toutefois, la charge de travail associée à la réalisation de mon long métrage documentaire El Huaso a coupé court à la possibilité d’un long métrage portant sur le sujet. Lors d’un repas qui s’est tenu peu après la fin de la production du film El Huaso, les membres de la famille Harting-Roux m’ont raconté à nouveau l’histoire de la disparition d’Hassan. L’intensité de leurs souvenirs était  palpable, comme si leur fils ou leur frère ne les avait jamais quittés. Au-delà de la tragédie de la mort d’Hassan et des enjeux liés à la vie dans un monde de voyants, j’ai été frappé par leur résilience. Quand ils m’ont demandé de réaliser un documentaire sur l’histoire d’Hassan et sur leur détermination à le ramener parmi eux, il m’a donc été impossible de refuser. Comme je venais à peine de boucler la réalisation du film relatant l’histoire de mon père, je savais que j’avais acquis les ressources nécessaires pour raconter celle de cette famille avec une juste dose de sensibilité et de compassion. Après cette rencontre, j’étais convaincu de ne pas avoir choisi de faire ce film, mais que j’avais plutôt eu le privilège qu’il m’ait lui-même choisi.

La cécité est généralement considérée comme une déficience, un handicap. Parallèlement, le fait de vivre avec un handicap peut offrir de nouvelles façons de voir le monde, une forme de libération en soi. Cette notion de cécité comme handicap est une étiquette véhiculée par les voyants, mais jamais par les non-voyants. La famille Harting-Roux incarne l’esprit de combativité qui transforme une déficience en style de vie dynamique. Je veux changer la perception des gens et présenter Peggy, Denis et Lauviah non pas comme une famille de non-voyants handicapés, mais comme une famille indépendante dont les membres ont la particularité d’être non-voyants. On ne le mentionne jamais, bien que cela soit souvent suggéré, mais les membres de cette famille ont leur propre interprétation de la foi et de la religion. Ce système de croyances, faisant l’éloge des vertus de l’entêtement et de la ténacité, est leur principal outil de survie dans un monde de voyants. Dans leur esprit, la résurrection d’Hassan ne se fera pas par leur intervention. Elle se produira d’elle-même.

La résurrection d’Hassan n’est pas un plaidoyer ni une enquête sur le phénomène entourant les enseignements de Grigory Petrovich Grabovoy sur la guérison par la thérapie génique, ni un film sur la résurrection. Le film dresse plutôt le portrait d’une famille éprouvée par la mort d’un des leurs. Tandis que ses membres pleurent encore la perte d’Hassan, ce sont leur résilience, leur déni de la mort et leur deuil qui sont la pierre angulaire sur laquelle repose le film. D’un regard extérieur, il est facile de constater que la famille est confrontée à des problèmes non résolus en lien avec la mort, mais aussi par rapport à eux-mêmes. Denis, le père, est l’exemple flagrant d’un être confronté sur une base quotidienne à ses propres problèmes, qui entraînent entre autres des accès de violence envers Peggy et les enfants. La mort d’Hassan déclenche chez Denis un sentiment d’abandon, provoquant le déni de sa disparition. En explorant le passé de la famille, on s’aperçoit que leurs malheurs sont liés à une société en laquelle ils avaient confiance et qui se devait, d’une certaine façon, de les protéger. Parmi une longue liste d’infortunes, on compte le fait que Denis soit né voyant, mais qu’il ait perdu l’usage de la vue en demeurant trop longtemps dans l’incubateur de l’hôpital où sa mère lui donna naissance. Tout aussi dramatiques, les sévices sexuels que Lauviah a subis aux mains de son gardien et la mort d’Hassan servent de rebondissements à cette courtepointe familiale tissée par des enjeux associés à l’abandon et à la perte de confiance envers la définition de la normalité au sein de la société. Le film met en lumière leur détermination à prendre les choses en main. Leur désespoir devient justifié et force l’empathie du spectateur à leur égard.

À maintes occasions, on entend la famille se poser la question suivante : « Comment voulez-vous que nous nous remettions de la disparition d’un proche qui ne nous a pas réellement quittés? ». L’esprit du film est empreint du courage d’une famille et de sa façon de composer avec une telle perte. La tentative de résurrection du fils est destinée à exprimer l’adversité humaine, ainsi que la façon dont nous composons tous avec la douleur et la perte. Je suis conscient que certains spectateurs se sentiront moins interpellés par l’histoire de Peggy, Denis et Lauviah, car leurs croyances diffèrent grandement de celles de la moyenne des gens. On les percevra possiblement comme des marginaux ou des êtres absurdes. Toutefois, en tant qu’humains, nous partageons tous l’expérience de perdre quelque chose de significatif dans notre vie.

 

BIOGRAPHIE

Élevé à Quillota au Chili et à Mississauga en Ontario, Carlo Guillermo Proto est un cinéaste québécois d’origine chilienne dont le travail se concentre sur l'interaction unique entre l'identité et l'expérience humaine en relation avec les questions de la géographie, l'appartenance ethnique et la perception des handicaps. Son premier long métrage, EL HUASO, a été présenté en Première mondiale à Hot Docs en 2012, puis dans plus de 25 festivals internationaux. Il a conquis le Festival de cinéma de la ville de Québec (FCVQ) en remportant deux prix importants, soit le Prix du public du film canadien/québécois et le Prix du Meilleur premier film. EL HUASO a été diffusé sur les ondes de CBC et de la Télévision Franco-Ontarienne (TFO).

 

FILMOGRAPHIE

2012 – EL HUASO / 2012/ 76 minutes / documentaire

Prix du public du film canadien/québécois et Prix du Meilleur premier film  - Festival de Cinéma de la       ville de Québec 2012

2016 – LA RÉSURRECTION D’HASSAN / 2016 / 100 minutes / documentaire

Grand Prix de la compétition nationale longs métrages et Prix des étudiants - Rencontres Internationales du documentaire de Montréal 2016