LA RIVIÈRE CACHÉE

( The Hidden River )

un film de Jean-François Lesage

À L'AFFICHE DÈS LE 25 MAI

Dès le 1er juin à Québec et à Sherbrooke  |  Le 2 juin au Cinéma DuParc


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SYNOPSIS

Au cœur d’une forêt profonde, coule une rivière. Sur ses berges, des hommes et des femmes se confient. Dans ce lieu reculé, propice à la réflexion, ils se questionnent sur ce qu’il faut pour atteindre la paix intérieure, supposent l’importance de transmettre quelque chose aux générations futures, réalisent que la fusion amoureuse est un idéal impossible. Alors que le soleil décline derrière les montagnes, les baigneurs s’avouent amèrement le cul-de-sac de certains rêves, mais trouvent encore du sens dans la contemplation de la nature, des étoiles et de la lune.

In the heart of a deep forest runs a river. On its banks, men and women sit and talk, opening up to each other. In this remote setting conducive to reflection, they wonder what it takes to attain inner peace, debate the wisdom of passing something on to future generations and realize that, in love, the perfect ‘soulmate’ is a near-impossible ideal. The sun sets behind the mountains and the swimmers bitterly acknowledge the failure of certain dreams, but still find meaning in contemplating nature, the stars and the moon.

                                                                         

                                                                              LES FILMS DU 3 MARS présente une production LES FILMS DE L'AUTRE                                                                                                          Image JEAN-FRANÇOIS LESAGE  Montage/Editing MATHIEU BOUCHARD-MALO et ARIANE PÉTEL-DESPOTS                                                                                                          Son/Sound MARIE-ANDRÉE CORMIER  Mixage/Mix BRUNO BÉLANGER                                                                                                                        Conception sonore/Sound Design MARIE-PIERRE GRENIER  Musique/Music HENRYK GORECKI                                                                                                                               Producteur délégué / Delegate Producer RICHARD BROUILLETTE                                                                              Production et Réalisation/Produced and Directed by JEAN-FRANÇOIS LESAGE

75 minutes - Québec, Canada-  2017

PRIX DE FESTIVAL

Prix spécial du Jury de la compétition nationale longs métrages - RIDM 2017


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MOT DU RÉALISATEUR                                                                                                          (english will follow)

 

Le tournage

Le tournage a été une expérience unique. J’ai passé 40 jours dans une forêt, sur le bord d’une rivière sauvage avec ma preneuse de son Marie-Andrée Cormier, une Gaspésienne de New Richmond, à filmer des conversations dans des éclairages crépusculaires. Le lieu, envoûtant, invite au recueillement et à la confidence, mais il est difficile d’accès avec de l’équipement cinématographique. Une marche périlleuse sur un sentier boueux et escarpé était nécessaire pour se rendre à notre lieu de tournage.

J’ai trouvé certains protagonistes sur place, mais, vu le caractère isolé et secret du lieu, j’ai aussi dû en convier d’autres à venir nous rencontrer sur le bord de la rivière. Ils étaient de la région ou simplement des touristes de passage. Nous avons pu filmer une quarantaine de rencontres pendant l’été. Une centaine de personnes ont participé au tournage. Nos sujets avaient entre 5 et 100 ans.

La méthode

 Il y plusieurs années, je suis tombé sur cette citation de l’écrivain Christian Bobin, qui m’a beaucoup inspiré pour le tournage de ce film : « Je voudrais parfois entrer dans une maison au hasard, m’asseoir dans la cuisine et demander aux habitants de quoi ils ont peur, ce qu’ils espèrent et s’ils comprennent quelque chose à notre présence commune sur terre. On m’a assez bien dressé pour que je retienne cet élan qui pourtant me semble le plus naturel du monde. »*

Plutôt qu’une cuisine, j’ai choisi une rivière et l’approche s’apparente à ce qui est proposé par l’écrivain. Tout le monde peut être intéressant si on prend le temps d’écouter, de s’attarder. J’ai la conviction que c’est une question de regard, de façon d’aborder les personnes. J’aime imaginer le cinéma comme un prétexte pour aller à la rencontre des gens, pour frapper à toutes les portes. J’accepte que je puisse être transformé par chacune de ces rencontres et je souhaite que mon film puisse à son tour transformer les perceptions.

Pour créer, j’aime être stimulé par les rencontres de gens que je ne connais pas avant le film. Ces rencontres me donnent accès à des univers méconnus ou inconnus, à des vies qui se développent en parallèle de la mienne. Je veux approcher mes personnages avec autant d’ouverture que je le ferais pour des amis. J’imagine un regard généreux de la caméra qui révélera la beauté des sujets plutôt que d’en montrer les travers.

Un documentaire de création

Ce terme même de « documentaire de création » n’est pas choisi innocemment : il est emblématique de ma démarche. « Documentaire » tout court évoque seulement la rugosité du réel. Mais quand on ajoute le mot « création », c’est différent. L’imagination peut injecter quelque chose dans le matériel qui vient du réel. On peut injecter de la couleur, de la musique, de la poésie. On injecte de la vie dans la vie. Cette liberté par rapport à mon matériau me donne la possibilité de créer un univers dense et évocateur, aussi unifié et cohérent que celui d’une fiction.

* BOBIN, Christian, Ressusciter, Éditions Gallimard, Collection folio 2001, 174 pages

 

BIOGRAPHIE

Après des études de droit, Jean-François Lesage fait ses débuts comme journaliste pour la télévision de Radio-Canada en Alberta et en Colombie-Britannique. En 1998, bouleversé par un gros plan de Gong Li dans le film Sorgho rouge, il s’envole pour Pékin. Il y vivra six ans au contact de cinéastes chinois indépendants tels Wang Bing, Zhao Liang et Yang Lina. Inspiré par leur énergie et leur courage, il réalise son premier documentaire de création, Une nuit en Chine (2004), puis avec son frère Philippe Lesage, Comment savoir si les petits poissons sont heureux ? (2009),  chronique de l’été d’une bande de jeunes de Pékin. De retour à Montréal, il réalise Conte du Mile End (2013), film de clôture de Visions du Réel, puis Un amour d’été (2015), Grand prix de la compétition nationale longs métrages des RIDM. La rivière cachée (2017) est son quatrième long métrage. Le film a remporté Le prix spécial du jury de la compétition nationale longs métrages des RIDM et fera parti de la Compétition Burning Lights à Visions du Réel cette année. Le cinéaste prépare un nouveau long métrage documentaire qui sera cette fois une sorte de conte d’hiver : Prière pour une mitaine perdue.

FILMOGRAPHIE

2015 Un amour d'été (63 min)
2013 Conte du Mile End (68 min)
2009 Comment savoir si les petits poissons sont heureux? (100 min)
2004 Une nuit en Chine (52 min)


DIRECTOR’S STATEMENT

The shoot

The shoot was unlike any other. I spent 40 days in the deep woods alongside a wild river with my sound recordist, Marie-Andrée Cormier (from New Richmond in the Gaspé), filming conversations in the fading daylight. The site, bewitchingly beautiful, was an invitation to contemplation and soul-searching but a bit of a challenge to access with film equipment. Getting to location entailed a perilous trek along a steep and muddy path.

I found some of my subjects right by the river; but given the site’s seclusion, the rest had to be invited. All were either locals or passing tourists. Over the summer, we managed to shoot some 40 encounters involving roughly 100 people. In terms of their ages, our subjects ranged from five-year-olds to centenarians.

The method

A few years ago, I came across this quote by writer Christian Bobin, which accounts for much of the inspiration for the film: “[translation] I sometimes felt the urge to enter a random house, sit down at the kitchen table and ask its occupants about their fears, their hopes and what they understood of existence. This urge, which appears to me the most natural in the world, had all but been conditioned out of me.” *

Instead of a kitchen, I chose a river, but the rest of my approach mimics what Bobin describes. Anyone can be interesting if we just take the time to listen, if we let ourselves linger. I firmly believe it’s a matter of seeing — of how you approach people. I like to see cinema as a pretext for meeting people, a justification for knocking on different doors. I embrace the fact that each encounter may well have a transformative effect on me and I hope that my film, in turn, will have the same effect on someone else’s thinking.

When creating, I find it stimulating to meet people who until then were complete strangers. These encounters let me tap into unknown or unrecognized worlds, get a glimpse of other lives lived in parallel with my own. I want to approach my characters with the same openness with which I treat my friends. I imagine the camera’s gaze as generous, able to reveal the subject’s beauty rather than his or her flaws.

Creative documentary

This term wasn’t chosen unwittingly: it encapsulates my approach. “Documentary” in itself merely evokes the rawness of fact. “Creative” takes it to a different level, where imagination infuses the starkness of reality with something extra: colour, music, poetry. A matter of injecting life into life. This freedom vis-à-vis my raw footage lets me create a world that’s densely evocative, as self-contained and unified as a work of fiction.

* BOBIN, Christian, Ressusciter, Éditions Gallimard, Collection folio 2001, 174 pages

 

BIOGRAPHY

After studying law, Jean-François Lesage began his career as a journalist for Radio-Canada television in Alberta and British Columbia. In 1998, blown away by a close-up of Gong Li in the film Red Sorghum, he headed to Beijing, where he was to spend six years. Inspired by the energy and courage of Chinese indie filmmakers like Wang Bing, Zhao Liang and Yang Lina, he made his first creative documentary, Sweet Nights Sour Nights (2004). He followed this up with How Can You Tell if the Little Fish are Happy? (2009), the tale of a summer in the suburbs of Beijing, co-directed with his brother Philippe Lesage. Back in Montréal, he then made Mile End Tale (2013), the closing film at Visions du Réel, followed by A Summer Love (2015), winner of the Grand Prize for Best Canadian Feature at the RIDM. The Hidden River (2017), his fourth feature, took the special jury prize (Canadian feature) at last year’s RIDM and is a contender in the Burning Lights Competition at this year’s Visions du Réel. Lesage is currently at work on a new documentary, a winter’s tale of sorts entitled Prayer for a Lost Mitten.

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FILMOGRAPHY

2015 A Summer Love (63 min)
2013 A Mile End Tale (68 min)
2009 How can you tell if the little fish are happy? (100 min)
2004 Sweet Nights Sour Nights (52 min)